Il est rare que nous passions une semaine sans que ne survienne une mésentente, une dispute, surtout avec ceux qui sont proches de nous et que nous aimons. Des brouilles durent parfois des semaines, des mois, des années, et les gens en sont malheureux. Un dicton dit : plus ça traîne, plus ça se salit… la mauvaise humeur finit par s’encroûter comme des couches de poussières superposées.
La réconciliation est une démarche exigeante, mais tellement libérante. Quand je tombe dans le piège de la mauvaise humeur et du ressentiment, j’ai comme une boule dans l’estomac, une sorte de tristesse qui me rend la journée pesante. Et à chaque fois que j’ai pris le temps de m’expliquer avec l’autre, de dire parfois gauchement mais avec bienveillance ce qui me fait mal, chaque fois que je prends l’initiative de faire advenir la réconciliation, je me libère de ce poids et je retrouve la paix, et l’autre également.
La
sagesse évangélique propose d’aller au devant de l’autre, de faire
les premiers pas. La parole et la manière de faire de Jésus
reflètent bien cette obstination à développer la bonne entente :
être des artisans de paix et vrais fils de Dieu, provoquer la bonne
volonté de l’autre et son désir d’être meilleur, comme il le fait
avec Zachée, et avec beaucoup de délinquants de son temps. Cultiver
la chicane et la mésentente ne fait que du mal à tout le monde.
Et nous comprenons la mission de Jésus comme celle du grand Réconciliateur des humains souvent divisés et se comportant comme des ennemis violents. Paul dit que par sa croix le Christ a fait tomber le mur de la haine et réconcilié les gens de toutes les couleurs et options. Ayons la sagesse de promouvoir toujours la réconciliation.
Jean Desclos

