Sagesse évangélique
SE SENTIR LES PIEDS

J’aime bien l’histoire vécue du type qui s’est
présenté à un grand party et en est revenu en se plaignant que tout
le monde ne sentait pas bon. Il était allé d’un convive à un autre,
dans la soirée, et avait respiré une même odeur forte qui l’avait
convaincu que tous ces gens ne s’étaient pas lavés. En rentrant chez
lui, il s’est aperçu que, sur la route qui le menait à la fête. Ses
souliers avaient ramassé un petit cadeau laissé dans l’herbe par un
chien incontinent! La mauvaise odeur, c’était lui!
La sagesse évangélique nous invite à réfléchir
sur notre prétention d’être plus propre que les autres. Jésus nous
invite à la prudence dans nos jugements. La réflexion sur
la paille et
la poutre nous dit qu’il faut d’abord s’examiner soi-même,
prendre conscience de ses limites et de ses propres défauts, avant
de sauter sur les autres en les traitant de tous les noms. Combien
de conversations servent à noircir la réputation de gens qu’on
connaît à peine, en s’appuyant sur des rumeurs urbaines, des clichés
et des caricatures préfabriquées. Qui n’a pas été un jour semblable
à ces gérants d’estrade qui critiquent tout et ne font pas la moitié
de ce que font ceux qu’ils dénigrent.
L’idée de se sentir les pieds avant d’accuser les autres d’être
malpropres nous renvoie à la transparence du cœur et à la
bienveillance inconditionnelle. Quiconque se sait petit et pécheur
n’a pas d’arrogance et de mépris. Il bâtit la paix par son silence,
par son refus de juger méchamment les autres. La vraie sagesse
évangélique nous invite plutôt à voir chez les autres leurs immenses
qualités et leur dignité d’enfants de Dieu.
Jean Desclos
3 octobre 2010

