Fabriqué par Raymnond Paris

À quoi sert la foi chrétienne? S’il est vrai que les idées mènent le monde, on comprend que de bonnes idées, qui expriment avec clarté et assurance le sens de l’existence humaine, auront du poids, de l’influence, feront du bien.

 

Quand un être cher meurt, on ne sait pas quoi dire. Surtout quand un enfant meurt, quelles paroles peuvent expliquer ce drame bouleversant? Il faut du courage, de la force intérieure, du calme, de l’espérance, et beaucoup d’amour, pour continuer à vivre en équilibre, sans sombrer dans la déprime. Et c’est dans ces circonstances qu’on est mis au défi de mettre la parole en pratique, de la rendre parlante et efficace pour vrai dans la conduite de notre vie. Cela s’appelle puiser à la source de sa foi en Dieu, sans hésiter, y trouver l’inspiration pour affronter les tempêtes de la vie. Sinon, tout risque de s’écrouler. Combien de gens soumis à une lourde épreuve me confient que, sans la foi en Dieu, ils auraient chaviré.

 

D’autre part, ce que Jésus propose, c’est de faire de notre attachement à sa parole et à sa personne le déclencheur d’une vie authentiquement évangélique. Cela s’appelle la cohérence. On ne peut pas être disciple de Jésus du bout des lèvres, dans la répétition de gestes rituels, mais dans le cœur, en profondeur. C’est cela la nouveauté et la révolution chrétienne : transformer les cœurs, le Royaume étant d’abord affaire de bonté excessive, de bienveillance sans calcul, de gratuité, de pardon illimité. La cohérence  nous fait passer de la parole au geste, et les gestes finissent par tricoter en nous une manière de penser et de vivre qui est saine et sainte, qui fait du bien et nous fait du bien, qui nous rend forts en toute situation.

 

On n’y arrive pas sans effort et c’est pourquoi notre prière demeure la clé de notre performance spirituelle. Par elle, nous ne changeons pas le cœur de Dieu pour le convaincre de nous aider : nous déverrouillons notre cœur pour le rendre disponible à la présence lumineuse du Dieu de toute tendresse, notre rocher, notre salut.

 

Jean Desclos