Sagesse évangélique
Dieu Amour appelle à aimer
Qui dont est Dieu pour chacun de nous? Notre façon de l’identifier varie
selon notre personnalité, notre éducation, nos expériences de vie. La
révélation judéo-chrétienne aussi bien que l’histoire des religions
tracent une sorte de mosaïque de représentations de Dieu. Il est tour à
tour une puissance terrible, effrayante, un créateur distribuant l’être
et la vie avec générosité, un guérisseur des maladies et infirmités, un
souverain intelligent qui organise et dirige l’univers, un libérateur
sensible à la souffrance de son peuple, un esprit insaisissable et
mystérieux. Et ce que nous disons de Dieu a un écho sur notre propre vie
et notre conduite, et définit des attitudes : la soumission au Dieu
terrible, l’admiration du créateur, la supplication au guérisseur, la
collaboration au grand gérant de l’univers, la volonté de changer le
monde avec le libérateur, l’adoration silencieuse du Dieu innommable.
Qui donc est Dieu? Qui es-tu donc, Dieu, et qu’attends-tu de moi? Que veux-tu
que je fasse? C’est la question posée à Jésus par un docteur de la loi : quel
est le plus grand commandement? Qu’est-ce que Dieu attend de nous? La réponse de
Jésus nous présente alors le vrai visage de Dieu : Dieu veut que les humains
vivent dans l’amour les uns pour les autres et qu’ainsi ils soient en communion
avec Lui. Dieu est Amour, écrit saint Jean et son amour précède le nôtre.
Comprenant à quel point il nous aime, nous l’aimons en retour et nous
accueillons son commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je
vous aimés. Comme je vous ai aimés, jusqu’à tout donner, ma vie, ma souffrance,
mon sang, mon corps.
Aimer, c’est entrer dans les mœurs de Dieu qui nous est présenté comme l’Amour
même. Dieu décentré de lui, qui nous donne la vie et qui donne sa vie, en Jésus,
le Fils crucifié librement et par amour. Aimer c’est servir humblement comme
Jésus qui lave les pieds de ses disciples. Aimer, c’est donner du temps au
souffrant comme le samaritain de
Aimer, c’est accepter de perdre des sous, de se fatiguer généreusement pour une
bonne cause. Aimer, c’est vouloir du bien aux autres, ne jamais leur souhaiter
du mal. C’est prendre le temps d’écouter l’autre, d’accueillir ce qu’il est, sa
souffrance, ses lenteurs, ses limites.
Aimer Dieu n’a de sens que si on aime les autres, dit saint Jean. L’un ne va pas
sans l’autre, sinon notre relation à Dieu est fausse. L’amour pour l’autre est
le critère et la preuve de mon amour pour Dieu.
Aimer Dieu, c’est s’ouvrir à une découverte jamais achevée de la profondeur de
l’Amour, sans jamais posséder totalement ce Dieu plus aimant, infiniment aimant
et aimable. Aimer Dieu, c’est imiter son amour pour les bons et les méchants.
Aimer Dieu, c’est m’aimer moi-même comme objet de son amour, digne de respect
comme Lui. Aimer Dieu, c’est aimer son monde, sa création et en prendre soin.
L’amour est à la source de tout, au cœur de tout. L’amour englobe tout. On le
chante, on le vit, on en souffre, on en meurt. La plus grande souffrance que
vivent les humains est de ne pas être aimés. Le bonheur a le goût de l’amour, de
la communion des cœurs et de la qualité de cœur. Bonheur rime avec bonté. En
nous demandant d’aimer, Jésus nous enseigne la vraie manière d’être heureux. La
haine, la vengeance, le mépris, la tricherie sont des maladies spirituelles du
cœur, qui rendent la personne inconfortable, tiraillée, jamais en paix. Le
bonheur, c’est d’être bon, et de goûter la joie de se donner sans détour.
Thérèse
de Lisieux nous a laissé une belle formule :
aimer, c’est tout donner et se donner soi-même. Et c’est là une bonne
manière de se représenter Dieu et de comprendre notre propre responsabilité
morale au cœur du monde. Ce monde est rempli de violences, de souffrances, de
divisions, de guerres. Les humains n’aiment pas beaucoup leurs semblables, et
ils se font du mal. Les disciples de Jésus veulent apporter la paix et la
réconciliation, le pardon, le respect profond de chaque personne humaine. Cette
mission est fort exigeante.
Aimer est une émotion, une énergie spontanée qui s’exprime en des liens naturels
des parents pour les enfants, ou qui surgit dans la rencontre d’une personne qui
nous séduit et nous fait vibrer le cœur. Aimer est aussi une décision, et pas
seulement une émotion, une discipline du cœur entraînant à aimer des gens qui ne
nous sont pas nécessairement agréables. Une décision qui inclut les ennemis,
selon Jésus. Aimer est un défi de générosité, que nous ne réussissons pas
toujours. S. Paul énumère les qualités de l’amour qui prend patience, ne jalouse
pas, est serviable, etc. il explique que seul l’amour donne du poids à la foi et
à l’engagement.
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi? Il est Amour. Il est aussi l’Amour
souffrant. Il y a un lien mystérieux entre la souffrance et l’amour. Quiconque
aime s’inquiète, se dévoue et se fatigue, accepte d’être blessé sans jamais
blesser. Dieu Amour est un Dieu qui accepte de naître, souffrir, mourir en
humanité. Il nous invite à ne pas avoir peur de souffrir par amour, sachant que
l’amour triomphe de la souffrance et de
Admiration, reconnaissance, adoration, supplication, libération : nous vivons
toutes ces émotions à l’endroit de Dieu. Il faut ajouter imitation : comme je
vous ai aimés, dit Jésus. Comme lui. Jusqu’au bout, tout donner, avec gratuité
et dans
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