SAGESSE ÉVANGÉLIQUE
CULTIVER L’ART D’ÊTRE TROP BON
Il y a quelques semaines, nous avons fait une
vente de garage au profit de la paroisse. J’y ai fait l’expérience
du marchandage : tout est toujours trop cher. Tu as beau expliquer
aux acheteurs que c’est pour la communauté paroissiale, ils s’en
fichent. J’ai été quelque peu étonné de l’insistance de certaines
personnes : pas question de faire la charité : je veux me procurer
des choses quasi gratuitement.
Jean
XXIII a dit : il ne suffit pas d’être bon, il faut être trop bon.
Belle sagesse, car c’est la générosité qui fait la différence dans
nos vies. Nous sommes entraînés à calculer, à examiner les soldes,
les rabais, les ventes… L’attrait de la richesse et la culture de
l’économie développent des réflexes. La gratuité est mise à mal. Le
bénévolat, la gratuité également.
Jésus nous provoque à la générosité : on te demande ton manteau,
donne aussi ta tunique. On te demande de faire un mille, fais-en
deux! Fais-en plus que le client en demande! C’est ce qui donne de
la saveur à nos vies en société, en communauté. Rappelez-vous le bon
samaritain : il gaspille son lunch, sa santé, son sommeil, son
argent pour porter secours à un étranger.
Cultiver l’art d’être trop bon, cela exige qu’on ne fasse pas comme
tout le monde et qu’on ne se laisse pas influencer par des manières
de penser, des commentaires du genre : tu te fais exploiter, on te
manipule, etc. Tu ne sais jamais l’impact du petit geste de bonté.
Il faut toujours succomber à la tentation d’être généreux… y compris
pour ceux qui ne sont pas aimables ou qui ne te donneront rien en
retour. L’amour supporte tout, fait confiance en tout, endure tout,
espère tout. L’amour, c’est l’instrument de la résurrection des
autres, d’un peu plus de vie dans leur existence.
Jean Desclos
22 août 2010

