Fabriqué par Raymnond Paris

Sagesse évangélique

Comme un oiseau...


Je reçois régulièrement la visite d’un cardinal. Il est toujours bien vêtu, de rouge écarlate. Il se déplace avec agilité et bon élan. Il aime fredonner un air simple et invitant. Parfois, il me lance un regard vigilant, comme s’il était inquiet de ce que je vais faire. Tout l’hiver, il est venu faire sa parade devant ma fenêtre. Je l’ai vu l’autre jour avec sa compagne au plumage plus discret. Profitant d’une offre spéciale d’arachides disposées sur le rebord d’une fenêtre, il en a fait une petite provision pour en faire cadeau, bec sur bec, à sa douce moitié. J’ai vu là une belle image de la tendresse, spontanée et instinctive, que nous fait voir la nature animale. Monsieur le cardinal, merci de me rappeler l’art de la délicatesse et du partage.

Car ce clin d’œil que me font les oiseaux m’invite à réfléchir sur nos petites vies humaines et sur nos talents de bonté. Les oiseaux me fascinent par leurs mœurs étonnantes. Les corneilles, à la tombée du jour, volent en parade vers un même refuge, tout comme les goélands. Criards les oiseaux noirs, mais solidaires. Envahissants les oiseaux blancs, mais partenaires. J’ai vu une troupe d’hirondelles faire la recherche patiente d’oisillons dont le nid était tombé du toit d’un hangar. Pendant de longues heures, par centaines, elles ont fait patiemment leur enquête inquiète, jusqu’à ce que quelqu’un de mon entourage comprenne qu’il fallait recoller le nid brisé au même endroit.

Les oiseaux me parlent de la beauté de la vie donnée par Dieu. Ils ont des couleurs, des chants, des habiletés qu’on ne finit pas de découvrir. Quand je les observe, je nage dans l’émerveillement. Le colibri minuscule et vif comme la lumière ne sait pas qu’il prêche la vigueur des petits. Combien de gens sont quasiment invisibles et pourtant si riches d’énergie et si beaux intérieurement. Le merle bien campé et attentif aux moindres bruits du sol me parle de la concentration et de l’équilibre que je dois garder en présence des autres. La canne protégeant ses frêles cannetons me rappelle que ma vie fragile est toujours sous le regard protecteur de notre Père du ciel.

Jésus connaît bien les oiseaux. Il en parle de ci de là. Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment pas, ne moissonnent pas, et mon Père les nourrit… Vous valez bien plus qu’un moineau… En parlant de piètre accueil qui lui est fait, il se compare à la poule qui veut rassembler ses poussins sous ses ailes. Et le psaume ne dit-il pas que celui qui croit en Dieu trouve refuge à l’ombre de ses ailes?

Je connais une image qui reproduit bellement un petit oiseau blotti au creux de deux grandes mains; le texte dit : en toi Seigneur, j’ai mon refuge. J’ai souvent contemplé cette image en m’identifiant à ce petit oiseau, en comprenant que je ne dois pas craindre les épreuves et les difficultés de la vie.

Et puis, dans la tradition chrétienne, on parle de Dieu Esprit en le représentant sous la forme d’une colombe. Le bel oiseau blanc évoque la paix, la perfection, la souplesse. Il ne se laisse pas facilement saisir. Comme le vent sur lequel il se laisse planer. Ou comme les eaux de la création sur lesquelles il déploie ses ailes.

Les oiseaux me parlent de la vie en Dieu, de la vie de Dieu. Nos regards ne sont jamais neutres. Ma foi en Dieu m’amène à lire dans la création quelque chose qui me dit Dieu. Les oiseaux qui habitent nos jardins, nos forêts, nos villes, nous invitent à célébrer à chaque jour la merveilleuse richesse des œuvres de Dieu. Ils nous convient également à découvrir des messages subtils, comme Jésus savait le faire dans ses paraboles, pour mieux comprendre la présence du Royaume dans nos existences quotidiennes.

 Seigneur, toi qui as fait ce monde si beau,

Toi qui me fais le cadeau des oiseaux,

Toi qui égaies ma vie par leurs couleurs et leurs chants;

Toi qui m’instruis par tes créatures ailées

À vivre plus proche du ciel et à chanter ta louange,

Donne-moi un regard de foi et de joie.

Tes oiseaux m’évangélisent et me disent

Que je dois te faire confiance en tout temps.

Ils me rappellent que j’ai du prix à tes yeux

Et que je peux toujours me réfugier en toi.

Disons bonjour aux oiseaux qui n’ont d’autre ambition que de nous rappeler la souveraine bonté de notre Dieu.

 Jean Desclos



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