Sagesse évangélique
Comment interpréter nos malheurs?
Peut-être avez-vous vécu un malheur inattendu… des gens sont frappés par
un accident, une tragédie de la route, collision frontale, quatre morts
de la même famille, ou une grande ado enlevée, violée, tuées… noyade
dans une tempête, ou en motoneige sur un lac pas très gelé…Comment
interpréter nos malheurs grands et petits? Dieu en pense quoi? Quel rôle
joue-t-il alors? Le problème du mal donne mal à la tête… il n’y a pas de
bonnes explications rationnelles. Il nous reste des attitudes à
développer, pour gérer notre rapport à l’imprévu et au malheur, surtout
quand il frôle l’absurde comme ce qu’a vécu cette femme tuée par une
pierre qui se détache de l’hôtel et la frappe sur la tête pendant son
souper…
Comment affronter le malheur? Dans son récit bouleversant
La Peste, Albert Camus, Nobel de
littérature, met en scène un curé qui terrorise les gens en les accusant d’avoir
provoqué la colère de Dieu par leur
mauvaise conduite. À l’inverse, le médecin athée choqué par la mort des enfants
innocents décide de se dévouer corps et âme pour en sauver quelques-uns.
Révolte, condamnation, ou engagement généreux. Deux manières de réagir au mal.
La réponse au drame d’Haïti a pris d’abord cette dernière forme.
On a bien entendu un pasteur américain interpréter cela comme un
châtiment divin… mais c’est l’exception. Comment juger du malheur des gens par
un raisonnement aussi bête? La simplification est toujours basée sur
l’équation : punition pour un péché. Mais Job? Il n’avait rien fait de mal… ses
amis cherchent à le culpabiliser : peine perdue. Et Jésus? A-t-il souffert parce
qu’il avait péché?
On voit bien qu’il faut réfléchir autrement. Tant d’innocents souffrent
partout dans le monde, pas seulement à cause de catastrophes naturelles, mais
par la méchanceté des autres. Et que dit la sagesse? Êtres fragiles que nous
sommes, périssables, poussière semée au vent, n’ayons pas peur de la souffrance
et de la mort corporelle. Craignons plutôt de perdre la vie intérieure, la mort
du cœur et de l’amour vrai. Ne laissons pas s’éteindre la flamme du respect de
l’autre, la lumière qui rayonne la paix.
Ne faisons pas le mal. Mieux vaut subir le mal que le
commettre…
Et que dit Jésus? Convertissez-vous, retrouvez le chemin de la bonté et
du pardon. Ne jugez pas, n’accusez pas Dieu, mais tournez-vous vers les
sinistrés pour les aider. Tournez-vous, c’est le sens de se convertir, se
tourner vers l’autre, pour le soutenir dans sa souffrance, comme lui se tournera
vers vous pour vous soutenir dans vos malheurs. Ainsi fait Dieu, qui se tourne
vers nous, se convertit à nous jusqu’à mourir pour nous donner
la vie. Alors, confiance. Aucun malheur ne peut nous abattre.
Jean Desclos