La sagesse évangélique ne favorise pas beaucoup le décrochage. Jésus
est un homme tenace, persévérant. Il résiste aux critiques des gens
qui le dénoncent parce qu’il fréquente les pécheurs. Il répond que
c’est pour eux qu’il est venu. Et Il invite à le suivre avec
détermination, sans regarder en arrière. Le symbole de la charrue
est évocateur de cette manière de vivre : quiconque met la main à la
charrue et regarde en arrière ne prépare pas un succès de Vie.
La même idée est reprise dans une parabole où
deux fils sont conviés à travailler à la vigne; l’un dit oui, et
reste sur place; l’autre dit non, et finit par y aller. Combien de
fois nous hésitons à nous engager jusqu’au bout. Il est très
inconfortable de vivre entre le oui et le non, en ou on et noui…
Qui
a peur de l’engagement? De plus en plus de gens. Dans la politique,
la vie religieuse, les débats sociaux, on laisse cela aux autres, on
reste en réserve. La tentation est grande de démissionner dans sa
tête, de se retirer dans son petit monde individualiste et de se
contenter de regarder passer la parade en critiquant quiconque a le
courage de servir les autres.
La sagesse évangélique propose de s’engager,
au risque d’y perdre un peu de sa tranquillité et de sa vie.
L’expression forte est prendre sa croix, ce qui veut dire avancer
avec le poids des tensions, des fatigues et des sueurs, en
apprivoisant les difficultés qui font partie de tout engagement. Et
à la fin, on y gagne en intensité de vie, de rencontres, de
réalisation de soi.
Jean Desclos
12 sept.
2010


