Je garde souvenir d’une belle expérience vécue avec un
couple de Stoke, il y a quelques années. Un long périple
a conduit ces deux parents au Vietnam d’où ils sont
revenus, en début décembre, avec les deux jeunes : une
fille, Nghin, deux ans et demi, et un garçon, Huu, cinq
ans. Ces
enfants sont venus de loin sur une terre complètement
étrangère, au milieu de personnes dont ils ne
connaissaient même pas la langue.
Une semaine après
leur arrivée, le père adoptif les a amenés à une fête de
Noël pour les enfants.
Je m’attendais à voir des enfants timides,
n’osant pas trop se mêler aux autres.
La réalité fut toute différente.
Ils ont joué avec les autres comme en pays de
connaissance depuis toujours.
C’était merveilleux de les voir agir et de voir
la réaction du groupe à leur égard.
Ces enfants, venus de loin, semblaient tout à
fait à l’aise avec la vie, avec l’amitié, avec le
partage.
Pour eux, aucune frontière de race, ni de langue, ni de
culture.
Encore aujourd’hui,
je conserve un souvenir ému de mes nombreuses rencontres
avec cette nouvelle famille.
Nous venons de fêter la naissance d’un enfant lui
aussi venu de loin : Jésus.
Il est venu d’un monde tout autre que le nôtre.
Pourtant, ce Jésus est tout à fait à l’aise avec
la vie, avec l’amitié, avec l’amour, avec le partage.
En lui, son entourage se reconnaît comme s’il
avait toujours été de chez nous.
Cela aussi est merveilleux.
À son contact, son entourage découvre la paix, la
joie et l’espérance.

Ces situations
contrastent avec les événements douloureux vécus un peu
partout dans le monde.
La guerre en Afghanistan, en Irak de même qu’en
Israël nous montrent que nous ne sommes pas toujours à
l’aise avec la vie, le respect, l’amour et l’accueil
sans frontière.
Notre humanité a encore beaucoup de chemin à
parcourir.
Ce chemin est bien plus long et difficile que celui des
Mages venus d’Orient adorer le Jésus de la crèche.
La venue de ces
jeunes Vietnamiens, la venue de Jésus, l’Emmanuel, le
Dieu avec nous, apportent un souffle d’espérance.
Nos rêves d’un monde meilleur sont encore
réalisables.
Que Jésus, dont nous rappelons avec joie la
naissance, nous donne d’en reconnaître les traces
aujourd’hui.
Qu’il raffermisse nos pas trop hésitants sur le
long chemin de la paix et de la solidarité entre les
humains.
Que Nghin, Huu et
Jésus, venus de loin, ouvrent nos yeux et notre coeur.
Pas à pas, habités par Jésus, nous apprendrons,
nous aussi, à être à l’aise avec la vie et l’amour.
Je souhaite qu’en ce temps
de la nouvelle
année, nous passions du souvenir à la présence.
Puissions-nous passer du Jésus de la crèche à ce
Jésus, vivant avec nous.
Il est capable de nous remettre en marche les uns
vers les autres et les uns avec les autres.
Jésus est venu de loin.
Découvrons-le tout près de nous.
André Castonguay, ptre
curé