Comme à chaque année, nous vivons une semaine de prière pour l'unité
des chrétiens. Il s'est
fait beaucoup de pas dans la ligne de l'oecuménisme. Une attitude
d'écoute et d'ouverture s'est développée entre les membres des
différentes Églises. Mais en même temps, il demeure un long chemin à
parcourir. Peut-être que l'ensemble des chrétiens et chrétiennes n'a
pas encore découvert les richesses d'un regard porté ensemble sur le
Christ et notre monde.

L'unité ne sera pas faite d'une uniformité imposée, mais de la mise en
commun de la vie que chacun et chacune a découverte dans le Christ.
L'unité s'accorde aussi avec la diversité. Comme l'affirme s. Paul :
des dons différents ont été donnés à chacun et chacune, mais c'est
pour le bien de l'ensemble. Travailler à l'unité veut donc dire
travailler aussi à l'accueil dans la diversité, au respect mutuel et
à la volonté de découvrir toujours mieux Jésus et son Évangile.
Je crois que la plénitude de la vérité et de l'amour n'est
finalement entièrement réalisée que dans le Christ Jésus. Le Christ
Jésus est la vraie vigne. «Celui qui demeure en moi et en qui je
demeure, nous dit Jésus, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en
dehors de moi, vous ne pouvez rien faire».
Est-ce que je peux dire que la vie et l'amour du Christ Jésus
circulent avec force en moi? Honnêtement, je dois répondre : non. La
vie et l'amour de Jésus m'habitent, mais pas entièrement. À chacun
et chacune, il arrive de couper cette vie du Christ en soi. Il nous
arrive de nous éloigner du Christ et de son Évangile. Il nous arrive
de laisser tarir en nous la source de la vie. Cela arrive à tous les
chrétiens et chrétiennes, quelle que soit l'Église à laquelle chacun
ou chacune appartient.
Seul le Christ est capable de nous rassembler, de nous unir, de
changer nos coeurs de pierre en coeurs de chair.
Prier pour l'unité de tous les chrétiens commence donc par ce geste
de nous tourner ensemble vers celui qui peut renouveler sa vie en
nous. Et si nous acceptons de tourner ensemble notre regard vers le
Christ et de laisser sa vie circuler librement en nous, nous
deviendrons aussi plus capables de tourner avec respect et accueil
notre regard les uns vers les autres.
Ensemble, prions Dieu d'achever en nous l'oeuvre de sa Bonne
Nouvelle du Salut. Prions-le de rassembler dans une même communion
et une même espérance ceux et celles qui croient en lui. Prions-le
de faire des chrétiens et chrétiennes de toutes les Églises des
artisans capables de cultiver ensemble la paix, la vie et l'amour
dont notre monde a tant besoin.
André
Castonguay, ptre curé