Il semble, d’après des études récentes, que les Canadiens
ont un problème de taille. En effet, des articles dans
les journaux titrent: «Moins gros dans les villes»,
«L’obésité guette davantage les hommes riches». Cette
situation est même qualifiée de véritable épidémie.
Une grande proportion des Canadiens fait de l’embonpoint.
L’étude révèle des réalités surprenantes. Plus les
gens habitent une petite ville, plus ils habitent une région
éloignée ou encore, pour les hommes, plus ils sont riches,
oh! surprise, plus ils sont gros. Le Québec se situe
un peu sous la moyenne canadienne alors que Terre-Neuve, une
île, une région éloignée, est en tête pour la proportion de
personnes trop grosses.

J’ai
l’impression que ce problème de taille peut aussi se vivre
sur le plan spirituel. Cela me fait penser à la parole
de Jésus : «Il est plus facile à un chameau de passer par un
trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de
Dieu!». Certains riches ont un problème de taille.
Ils se replient complètement sur eux-mêmes, ils veulent tout
faire converger vers eux, engouffrant tout ce qu’ils
peuvent, même au détriment des autres. C’est pourquoi
ils ne peuvent passer par le trou de l’aiguille. Ils
sont incapables de faire le passage vers les autres.
On peut même dire qu’ils se retirent de plus en plus dans
des régions éloignées en se coupant de tous. Ils
grossissent de plus en plus et sont de moins en moins
capables de marcher vers les autres.
Jésus raconte un jour la parabole dun homme dont les terres
ont produit une immense récolte. Il se fait construire
de grands greniers en se disant : «Mon âme, tu as quantité
de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi,
mange, bois, fait la fête.» Mais cet homme mourut
durant la nuit. Et Jésus de conclure : «Ainsi en
est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de
s’enrichir en vue de Dieu».

Spirituellement, nous souffrons d’un problème de taille
lorsque nous nous concentrons sur nous-mêmes et que nous
vivons en région éloignée les uns par rapport aux autres.
Un peu plus d’exercice pour ouvrir notre coeur aux autres,
pour marcher vers eux et nous en approcher et un peu plus
d’exercice pour tourner notre regard et notre esprit vers
Dieu nous ferait sans doute un grand bien. Vite, à l’oeuvre,
ne laissons pas ce problème de taille spirituelle nous
paralyser. Vite, entrons de pleins pieds dans le grand
réseau humain de communion et de solidarité. Nous nous
nous sentirons plus légers, notre coeur sera moins lourd et
notre âme se remettra à respirer allègrement.
André
Castonguay, ptre