Réflexions et billets
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Il est permis de rêver |
Nous vivons
ces jours-ci entre deux rêves: un rêve lié à la fête de
Noël et un autre lié à la fête de la nouvelle année.
Notre rêve de Noël prend des airs de joie,
d'amour, de partage, de rencontre entre les personnes.
Il prend aussi un air de nostalgie: bien souvent
nos souvenirs nous ramènent à notre enfance et notre
regard s'attache au Jésus de la crèche il y a 2,000 ans.
Notre rêve de la nouvelle année prend des airs de
paix, c'est une journée mondiale de la paix, il prend
des airs de grandes espérances pour une vie meilleure,
pour un échappement aux malheurs actuels.
Il prend aussi un air d'avenir: nous projetons
dans le futur ce que nous ne pouvons vivre aujourd'hui.

Quelle
attitude adopter?
Allons-nous nous évader dans un rêve,
complètement débranché de la réalité?
Allons-nous sombrer dans le pessimisme et le
défaitisme?
Je crois que le Christ Jésus nous invite à garder bien
au coeur et dans la pensée son grand rêve pour
l'humanité.
Mais comme sa naissance nous le rappelle, il nous invite
aussi à nous incarner dans la réalité, à participer de
façon soutenue à cet enfantement qui dure encore.
Le travail de chacun et chacune est nécessaire
pour réaliser cet enfantement.
Les chrétiens et chrétiennes portent au coeur une
espérance qui ne les fait pas fuir la réalité mais
plutôt s'y incarner pour qu'advienne un monde nouveau.
Oui, il est
permis de rêver.
Mais un rêve éveillé.
Il est permis de rêver pour ceux et celles qui
tiennent la personne humaine en plus haute estime que le
profit matériel.
Il est permis de rver pour ceux et celles qui
considèrent l’autre aussi digne de respect qu’eux-mêmes.
Il est permis de rêver pour ceux et celles qui
considèrent l’autre aussi capable qu’eux-mêmes pour
apporter une contribution positive à l’évolution de
notre monde. Il est permis de rêver pour ceux et celles
qui ne considèrent jamais les autres comme des gens de
seconde classe et dont il faut se libérer.
Il est permis de rêver pour ceux et celles qui se
tiennent debout et qui se mettent en marche sans plus
attendre.
Ceux-là et celles-là ne flottent pas dans les nuages,
mais ils deviennent des rêveurs artisans aujourd’hui de
ce monde dont ils rêvent pour demain.

André Castonguay, ptre curé

