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Jean Ferrat chante : « Que la montagne est belle
comment peut-on s’imaginer... » Dans notre coin
de pays, nous pouvons reprendre la même chanson
: qu’il est beau le Mont Orford, comment peut-on
s’imaginer... En effet, cette montagne est un
joyau.
Ces temps-ci, on s’interroge beaucoup sur son
avenir. Nous avons peine à l’imaginer, à le
dessiner. Quel sera-t-il? Pour les uns, des
nuages sombres s’annoncent. Pour d’autres, des
jours ensoleillés s’apprêtent à se lever.
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Je n’ai pas la compétence pour me prononcer. Cependant,
cette montagne me fascine. Il y a toujours quelque chose de
mystérieux, de mystique dans la montagne. Les montagnes sont
souvent des hauts lieux de spiritualité.
Mercredi le 8 mars dernier, journée mondiale de la femme, je
lisais un article sur le Mont Athos en Grèce. Cet
emplacement est habité par une vingtaine de communautés
religieuses orthodoxes. Mais il y a un hic. Tous, ou plutôt
toutes, ne peuvent y accéder. En effet, ce lieu est interdit
aux femmes et aux animaux femelles. Il faut préserver la
sainteté du lieu semble-t-il. Une tradition qui remonte à
l’an 1045. Un moine qui y habite a affirmé qu’il en sera
ainsi pour toujours! Il y a des traditions difficiles à
changer. On le constate dans d’autres situations interdites
à la femme par la tradition. Comment peut-on encore
s’imaginer... en 2006...
L’évangile de
la fin de semaine dernière raconte que Jésus amène trois
apôtres sur le mont Thabor pour y être transfiguré devant
eux. La montagne, c’est le lieu de la rencontre mystique.
Mais tous et toutes nont pas accès au mont Thabor.
Heureusement,
une autre montagne s’offre à tous et toutes, sans
discrimination. René Chabrier crit : « Chacun de nous a sa
Sainte Montagne dans son coeur, car le royaume de Dieu est
en nous ». C’est vrai, si nous prenons le temps de nous
arrêter pour vivre l’intériorité, si nous prenons le temps
de descendre dans notre coeur, nous pourrons gravir cette
Montagne Sainte en nous.
Que cette
montagne est belle en nous, comment peut-on s’imaginer se
priver de la monter pour y vivre une rencontre qui
transfigure notre vie. En regardant le mont Orford, je me
dis souvent : il faudrait bien que je retourne y faire une
escalade. Cela fait tellement de bien. Un jour... En
attendant, tous les jours, je me pratique à gravir ma
Montagne Sainte dans mon coeur. Goûtez encore pour la
première fois à cette ascension dans votre coeur. Vous
verrez, votre montagne vous réserve toujours un visage neuf
si vous savez regarder et écouter. Bonne randonnée!
André Castonguay, ptre