Luc 12, 13-21
Jésus déclare
bienheureux ceux qui sont capables de pleurer, qui ont le cœur
fragile, qui sont sensibles à la misère des autres. Lui-même est
bouleversé par la mort de son ami Lazare, et il va pleurer devant sa
mort. Son agonie l’amène
à crier vers Dieu sa souffrance de subir un châtiment non mérité.
Et pourtant, il ne lâche pas. Il fait confiance à son Père. Il va
jusqu’au bout de son courage humain, pour nous faire comprendre à
quel point Dieu est le plus humain des êtres divins. Souffrant avec
nous et comme nous. Voilà une réalité étonnante, qu’on ne retrouve
pas dans toutes les religions. Le refus de l’idée que Dieu souffre a
fait déraper les premières communautés chrétiennes vers la doctrine
de l’arianisme, affirmant que Jésus n’est pas vraiment Dieu
puisqu’il a vécu la souffrance et la mort.
C’est la difficulté principale de la foi chrétienne, scandale et
folie, selon saint Paul.
Le Dieu de Jésus Christ est le Dieu le plus humain qui soit.
Il aime l’humanité. Il se plaît à lui être présent de toutes les
façons, y compris et surtout aux personnes qui souffrent. En le
priant, nous ne faisons pas pression pour qu’il s’occupe de nous; il
est déjà là. Mais notre prière nous ouvre les yeux à sa présence
constante et bienveillante.
Nous avions connu autrefois un Dieu contrôleur, policier,
surveillant. Nous avons appris à retrouver sa vraie figure, non pas
de Dieu surveillant, mais de Dieu bienveillant et toujours présent
dans nos vies et dans nos cœurs. Voilà comment je comprends
l’évangile libérateur de Jésus, qui nous révèle un Dieu qui nous
fait la fête, nous fait cadeau de sa création, de sa personne, de
son pain de vie. Il faut en être reconnaissant et fier.
Jean Desclos


