S. Jean 20, 1-9
Au carrefour de nos croix et de nos misères, il se trouve une
espérance tout à fait inattendue, qui se nomme le Christ ressuscité.
Tant de sacrifiés de la méchanceté humaine, tant de victimes de
bourreaux insensibles ont vu en lui un soutien pour garder courage
et aller jusqu’au bout sans fléchir. Tant de jeunes ont vu en Jésus
le Crucifié celui qui peut donner sens à la vie et ont alors cessé
de rêver au suicide. Tant de parents souffrants ont cru que tout
était possible malgré leurs angoisses devant leur enfant
délinquant..
Rien n’est impossible. Voici que Jésus, le plus irréprochable des
humains, a été massacré par la méchanceté humaine. Il est vraiment
mort. La lance qui perce son côté, le sang et l’eau répandu à la fin
de cet acte violent, signalent une chose à ceux qui pourraient
douter : celui qui apparaît aux disciples et leur transmet sa paix
est vraiment le Crucifié qui
est encore vivant. Voilà la réalité bouleversante. La vie a
triomphé et triomphera toujours, car le Fils de Dieu fait homme,
vivant au cœur de l’humanité, a pris sur lui de mourir pour que nous
soyons vivants.
C’est de là que part la foi chrétienne. Cela est la source et le
centre de toute notre foi. Le reste est secondaire. Nous sommes
entraînés dans la vie du Ressuscité et
nous pouvons espérer tout,
dans la mesure où nous suivons ses traces, que nous acceptons de
mourir correctement. Correctement, c’est-à-dire par amour. Mourir à
soi, mourir à ses ambitions, se libérer du péché. Paul dira que les
baptisés sont entrés dans la mort pour vivre à nouveau en donnant
leur vie pour le Père.
Car la résurrection est un
cadeau de Dieu et aussi un
engagement à vivre pour Dieu.
C’est le sens que Paul donne au baptême. Notre résurrection nous
appartient, dans notre liberté de suivre le Ressuscité ou de rester
accroché à nos petites habitudes de mort. Être ressuscité, c’est
vivre pour les autres, être ressuscitant, donner ainsi du sens à une
existence qui cherche à ressembler à celle du Fils de Dieu.
Pâques nous rappelle ce que nous sommes, ce qui nous est promis, ce
que nous pouvons faire pour être heureux, vivants, et partager la
résurrection avec les autres. Car il dépend de nous que le soleil de
Pâques luise sur le visage de nos frères et sœurs, en les aimant de
tout cœur.

