Luc 24, 46-53
Les
signes font partie de notre quotidien : une bague, une alliance, des
fleurs, un clin d’œil. Peu importe la langue parlée, les signes
possèdent un langage universel. Et le monde religieux utilise
beaucoup de signes et de symboles. Ainsi, le cierge pascal allumé
est le signe religieux rappelant que le Christ ressuscité est
toujours parmi nous.
Il est dommage de constater que beaucoup ne décodent plus les messages des
signes religieux. Et ne plus comprendre les signes religieux
engendre la perte du sacré. Perdre le sens du sacré, c’est
s’autoriser n’importe quoi, comme apporter la communion à un malade
dans un papier mouchoir…
En célébrant la fête de l’Ascension, nous touchons à un autre signe, qui
est un événement : le départ de Jésus. Ce départ est pour Jésus la
conclusion de sa vie exemplaire. Dans l’Ascension, Dieu reconnaît
d’une façon officielle tout ce qu’a dit et fait son Fils en tant
qu’homme sur la terre, en le faisant Christ et Seigneur. L’Ascension
est un passage, un PONT qui relie le ciel et la terre.
Le premier ancrage de ce pont est notre humanité : Jésus est le Fils de
Dieu et le citoyen de la terre. Le deuxième ancrage est dans le
ciel, dans cet au-delà qui ne peut se toucher physiquement mais qui
existe vraiment. Jésus nous dit : «Ne soyez pas bouleversés. Je
retourne vers le Père vous préparer une place». Voilà une parole
porteuse d’espérance. En parvenant de l’autre côté du pont, Jésus ne
renie pas son humanité, mais l’a ancré dans cet au-delà du temps
qui, pour nous, reste à la fois mystérieux et envoûtant.
Heureux sommes-nous si nos signes
religieux sont encore capables de nous projeter sur ce pont de
l’Ascension que le Père a établi pour nous et que son Fils Jésus a
franchi le premier en devenant Christ et Seigneur. L’Ascension
demeurera toujours le grand PONT de la foi, un pont qu’il faut
entretenir par la prière, l’eucharistie, en devenant sel de la terre
que nous sommes.
Extrait de l’homélie de JEAN TARDIF, diacre
SCG 23 mai 2010

