UN ROI POUR LA VICTOIRE DE LA VIE PAR LA MORT
La Passion de Jésus Christ :
Mattieu 26,14 – 27,66
Méditer la Passion du Christ
ou en écouter un film, c’est revoir toutes les
formes du mal et de la
souffrance dans notre monde. Impossible de les évoquer toutes
ici. Pensons entre autres à ces victimes de la volonté de
domination, de la guerre, affamées et enfermées dans des camps de
réfugiés; ces millions d'êtres humains torturés, exclus, exploités
pour produire l’argent des riches; ces jeunes sans travail et sans
avenir...Contre toutes ces situations, Jésus n’a pas cessé de parler
pour interpeller le cœur humain. Il entre à Jérusalem royalement
afin de dire au monde que la vie ne mérite pas d’être vécue ainsi.
Il faut être au service des autres.
Célébrer la fête des Rameaux
n’est pas juste une histoire pour penser à la souffrance de Jésus
Christ une fois l’an. Comme le disait Pascal : "Jésus Christ sera en
agonie jusqu'à la fin du monde." Et c'est aujourd'hui que Jésus
souffre ; c'est aujourd'hui qu'il meurt ; c'est aujourd'hui qu'il
poursuit le combat contre le mal sous toutes ses formes. Il faut
être éveillés et ne pas laisser la
méchanceté, la haine, ses petites idoles prendre le dessus.
Il ne faut pas laisser mourir le juste innocent comme le fait cette
foule de personnages qui se met du côté du méchant Barrabas. Jésus,
qui ne se fait pas arrêter par surprise, appelle, comme lui, à mener
le combat contre tout ce qui défigure notre humanité, que ce soit la
maladie, le mensonge ou l’individualisme.
Dans ce combat, ne jamais se sentir seul ! Sur la croix, notre
Maître a vite retrouvé le chemin de la confiance totale en son Père.
"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?’’ Dans la
confiance, une libération approche. Et tout cela ne se termine pas
un vendredi soir sur la croix. La Passion se continue au matin de
Pâques, quand des disciples se lèvent pour dire : "Il
était mort, mais il est vivant. C'est nous qui avons gagné."
Brandir les rameaux pour notre Saveur nous invite à ne pas être
indifférents ou neutres. Demandons-nous de quel côté nous sommes ?
Du côté de la méchanceté, des injustices, de la discrimination, de
la haine, du mépris de l'autre, ou du côté de ceux qui construisent
un monde meilleur? La Passion nous montre que tout ce que nous
faisons pour les
autres, par amour, est condamné en fin de compte à produire
de la vie, celle qui réhabilite le démuni, le malade, l’étranger, le
laissé pour mort au bord du chemin. Dieu ne peut pas rester dans la
mort. Continuons avec Jésus à
lutter contre les détresses de notre monde. Telle est notre
vocation, en tant que disciples du Crucifié.
Valentin Malundama
24 avril 2011

