Luc 10, 25-37
Les proches du petit gars de Nazareth ont de la difficulté à
accepter qu’il leur fasse la leçon. Pour qui se prend-il? On pose la
question parce que ce monsieur dérange. Les siens ne le trouvent pas
drôle et voient en lui une espèce d’illuminé. On le soupçonne d’être
un peu dérangé entre les deux oreilles...
Voilà le problème : il est trop connu. Et mal connu. Au début de son
évangile, saint Jean dira qu’il est venu chez les siens et qu’ils ne
l’ont pas connu, lui le Verbe de Dieu. Comment changer ce blocage
devant un homme qui n’a d’autre ambition que de nous rendre heureux?
Comment en arriver à l’accueillir pour vrai?
Cela ne se fait pas sans un choc, une sorte d’expérience
bouleversante. Quand on s’est habitué à quelqu’un, on finit par le
caractériser ou le caricaturer. On n’a plus d’émerveillement devant
ses bons coups. On sait à l’avance ses réactions.
C’est
en touchant ou en se laissant
toucher par une expérience
de bonté, de gratuité, qu’on peut faire bouger le cœur des gens,
à l’usure de la bonté. Et les hommes et les femmes d’aujourd’hui
sont sensibles aux gestes vrais davantage qu’à la vérité théorique
sans action concrète.
Jésus n’a pas autant de succès parmi le siens que chez les païens.
Et c’est là une histoire qui nous est favorable, à nous qui ne
sommes de descendance non juive. Car son message a été provoquant
pour les humains désireux de changer de vie, de sortir d’un monde de
mesquinerie et de haine pour inventer une manière de vivre en frères
et sœurs qui prennent soin les uns des autres.
Jean Desclos
SCG 18 juillet 2010


