Luc 17 , 11-19
La foi est une
disposition de l’esprit qui se mesure aux résultats. Elle s’énonce
le plus souvent au conditionnel : si tu crois, tu obtiendras ceci ou
cela. Dans des récits de guérison, celle-ci est souvent mise en
rapport avec
Comment expliquer cela? La psychologie contemporaine a permis de
comprendre mieux le fonctionnement de notre système psychosomatique.
Nous pouvons ainsi interpréter des guérisons par l’effet placebo, en
forme de confiance en un médicament, une potion naturelle, une
personne. Il existe une abondante littérature sur le pouvoir du
mental, de la prière, de formules particulières soulageant la
douleur et aidant à reprendre le contrôle de son corps.
Mais ici il ne s’agit pas de cela : la foi consiste à s’en remettre
à la bonté et à la puissance de Dieu lui-même, de se laisser aider
par lui. Radicalement, elle est l’accueil de sa présence, de son
existence mystérieuse, de sa capacité de transformer nos vies. C’est
ce qui se passe avec Jésus, à qui les malades demandent un soutien
physique. Ils ne sont pas seulement guéris dans leur corps, mais
également dans leur univers intérieur, leur capacité de vivre
intensément dans l’amour des autres et de Dieu. Le plus souvent la
guérison est suivie par un engagement à servir les autres. C’est le
cas de la belle-mère de Pierre : guérie de sa fièvre, elle se met au
service de la maison avec enthousiasme.
La
première guérison qu’il faut alors souhaiter, c’est d’être délivré
de notre peu de foi, de nos indifférences, de notre nonchalance à
lui accorder de la place dans nos vies. Seigneur je crois, mais
augmente ma foi.
La
foi en Dieu va de pair avec la foi en l’humanité, comme l’amour de
Dieu ne va pas sans l’amour du prochain. Nous avons là un défi
immense à relever : croire en la capacité des humains de construire
un monde juste et paisible, croire en l’autre qui n’est pas toujours
bon et ne vit pas à la hauteur de mes attentes. Croire en mon
conjoint, en mes enfants…. Croire, c’est toujours m’en remettre à
autre que moi-même, à mes idées, à mes certitudes, à mes ambitions,
à mes pouvoirs. C’est s’abandonner à la Vie qui a sa source en Dieu
et qui se déploie de manière constante dans nos existences. Je nous
souhaite de vivre en hommes et en femmes de grande foi, soucieux de
développer le meilleur de la vie humaine en s’appuyant sur la Vie de
Dieu.
Jean Desclos

