ÉPIPHANIE : UNIVERSALITÉ DE L’ÉGLISE
Matthieu 2, 1-2
Dieu, quand il se fait homme, vient dans un petit pays dont le
peuple est… raciste : le juif, avec ses préjugés religieux et
culturels, ne s’approche pas du païen. Mais à
l’Épiphanie,
le Messie se manifeste aux
nations païennes. C’est la Pentecôte de Noël. C’est la fête de
l’universalité de
l’Église, car le Christ vient pour l’humanité entière, représentée
par ces astrologues, païens chercheurs de la vérité. Ils nous
montrent le sens de l’adoration : forme d’amour prééminent que
l’être humain réserve non pas à des
veaux, mais à ce qui est le
plus important.
A la petite ‘’maison’’ de Bethléem, l’Enfant Jésus reçoit en effet
ces mages, des étrangers et croyants, d’origine lointaine.
L’évangile qui ne parle ni de leurs noms ni de leur nombre nous
explique que l’Esprit Saint agit aussi dans le cœur des païens : ils
annoncent aux Juifs le Messie qu’ils attendaient depuis des siècles,
et reconnaissent en Lui « le Roi des Juifs ». Le don d’eux-mêmes se
concrétise par le partage de leur
belle culture orientale :
l’or (Melchior), pour le
pouvoir royal, l’encens
(Gaspard) pour le divin, et la
myrrhe (Balthazar) pour le spirituel car Jésus, mortel dans son
humanité,
nous a donné sa mort en gage de notre
résurrection !
Enfin, c’est par
un autre chemin que les
mages regagnent leur pays. C’est l’image même de notre résurrection,
de la vie chrétienne authentique. Quand on a découvert Jésus, chemin
de vie, ça laisse des traces : dépasser le nationalisme étroit, se
laisser déranger, changer de mentalité par rapport à l’ensemble de
la famille humaine. L’Église est catholique, c’est-à-dire
universelle : la multitude, une, dans la diversité. Dans un monde global, l’Église devrait
expérimenter la communion des différences mieux que dans d’autres
institutions et projets mondiaux. Chaque communauté ecclésiale a
mission d’être un espace universel, multiculturel, où les membres
accueillent les nouveaux venus, dans l’humilité. Paul, grand
promoteur de l’ouverture, écrit aux Éphésiens : « Dieu aime tous les
hommes. Tous participent au même héritage des fils de Dieu ».
C’est dans le
sens de manifester Noël en
plénitude qu’on peut lire l’histoire des Mages qui portent leur
regard au loin, grâce à un ’’signe dans la nuit’’, présence de Dieu.
L’Église a ce chemin à faire ! Repartons
alors dans cette nouvelle année par de nouveaux chemins, ceux que
l’Esprit Saint nous montrera jour après jour auprès des étrangers,
des plus démunis et des plus dépendants.
Valentin Malundam,
SCG 2 janvier 2010

