DIEU… LE TOUT-PUISSANT INCAPABLE ?
A quelques jours de la fête de Noël, ce qui arrive à Jean-Baptiste
nous aide à réfléchir sur l’identité de Jésus. Comme Hérode l’a
enfermé suite à une affaire d’adultère, le Baptiste se dit s’être
trompé d’avoir présenté Jésus comme
le
Messie. Il
se sent méprisé par cette puissance divine qu’il a proclamée
avec conviction. Quand, de la prison, il lui pose la question de
savoir si c’est lui ou un autre qui doit venir, cela montre qu’il
s’attache au triomphe social et politique qu’attendait son peuple.
Nous sommes nous-mêmes dans une situation analogue à celle de Jean.
Après deux mille ans de christianisme, Jésus est-il toujours «celui
qui doit venir» pour l’humanité du 21ème siècle ? Le
triomphe de la justice, la fin des antagonismes, la paix durable, le
respect de l’écosystème, c’est quand ? Un monde sans tueries, sans
génocides, sans enquêtes policières, sans commissions d’enquêtes, le
verrons-nous un jour?
Bien des personnes par leur courage et leur détermination nous en
montrent le chemin, mais souvent elles sont dérangeantes,
incomprises et certaines meurent de façon violente. On n’aime pas
être dérangé. Mais on veut tout, et tout de suite, peu importe les
moyens. Alors la paix souhaitée n’est pas pour demain ! Le monde
reste imparfait, avec ses situations horrifiantes, presque
inhumaines. Dieu ne nous entend-t-il pas ? Ne peut-il pas intervenir
pour faire le grand nettoyage?
Écoutons la réponse du Messie mal compris : le Royaume de Dieu ne se
construit pas à partir d’un triomphalisme
politique ou militaire. En faire partie c’est se mettre du côté
de la non-violence et, patiemment, s’occuper des pauvres, des
aveugles, des lépreux…car Dieu est tout entier miséricorde, en
alliance avec les victimes du mal qui empoisonne notre monde.
Sa puissance en nous se
nomme Esprit. L’Esprit
nous permet d’utiliser tout ce qui nous arrive pour manifester le
règne divin d’amour, de
justice et de paix. Pourquoi attendrions-nous un autre messie ou
pourquoi ne croirions-nous pas que le Royaume de Dieu est dans notre
cœur ? Le Seigneur veut se faire présent en nous. Il nous invite à
témoigner de sa venue en imitant la
manière d’agir de Jésus. C’est le signe que Dieu nous accueille et
nous remet en marche. Les signes messianiques sont là : guérisons de
corps brisés et des infirmités spirituelles. Telle est la mission
même de notre communauté : donner une vie nouvelle à des frères
démunis ou des sœurs qui meurent de l’intérieur pour leur ouvrir un
avenir différent. La promesse de salut s’accomplit
avec notre concours, en
portant notre croix.
Valentin Malundama

