L’AMOUR OFFERT ET ACCUEILLI GRATUITEMENT
Les humains n’ont aucun intérêt d’établir avec Dieu une espèce de
«do ut des» («je donne pour que tu me donnes»), car si
Dieu ne nous donnait que dans la mesure où nous lui donnons,
s’il ne nous était utile que dans la mesure où nous lui sommes
utiles, nous ne recevrions pas grand-chose de Lui. A l’encontre de
la mentalité religieuse juive, Jésus n’a pas cessé d’annoncer la
gratuité de l’amour divin.
Simon chez qui il s’attable se fabrique un Dieu qui devrait
condamner la femme coupable et Jésus lui-même, briseur de
frontières. Il ne peut
comprendre que Dieu peut tout donner, qu’Il nous regarde avec une
justice d’amour.
La petite parabole du créancier avec les deux débiteurs
montre que la remise des péchés (pardon)
est bien possible même avec une grosse dette. La pécheresse
qui sent le besoin d’être réconciliée
avec elle-même et avec le Sauveur pour qui elle a un grand
amour se fait dire : «Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t’a sauvée.
Va en paix». Immense joie! Par ces paroles de salut, Jésus montre
que ce que Dieu met en priorité à notre égard c’est tout ce que nous
avons de bon. Il se réserve tout jugement et Il ne rejette pas un
cœur brisé. La condamnation n’est pas dans son projet de salut.
Ainsi, le véritable amour est porteur de pardon. Belle référence dans notre
monde où des collègues, des frères, des responsables travaillent
parfois sans se parler à cause de certains désaccords. Pourquoi tant
de crimes haineux dans nos milieux et d’affrontements
interethniques et internationales ?
Pourquoi l’esprit
d’entente et de collaboration, porteur de paix, fait-il souvent
place à la méfiance et au mauvais jugement porté sur les autres ?
«Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous
ont offensés», prions-nous dans le Notre Père. Au terme de l’Année
sacerdotale, le pape Benoît XVI a eu l’audace de faire une demande
de pardon solennel aux victimes des abus commis par des membres de
notre Église, constituée de pécheurs. Pour chaque démarche de
réconciliation, cela nous permet de tourner la page et de regarder
l’avenir. Transmetteurs du pardon divin, sachons
cracher le morceau de
sorte que « la paix soit
sur le monde pour les cent mille ans qui viennent …Et que tous les
hommes redeviennent des enfants» (M. Mathieu).
Valentin Malundama
SCG 20 juin 2010

